Récompenses et punitions pendant la petite enfance
25 noviembre, 2016
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Récompenses et punitions pendant la petite enfance:

Un guide pratique pour les parents

L'éducation d'un enfant représente pour ses parents ainsi que pour les éducateurs une tâche complexe dont l'élaboration implique nécessairement une réflexion continue de leur part, pour permettre la construction de bons comportements chez l'enfant, transformés peu à peu en habitudes et en un comportement stable.

Les récompenses et les punitions constituent habituellement des techniques pédagogiques fréquemment utilisées par les parents et les éducateurs dans l'éducation de l'enfant, pour renforcer ou modifier des comportements. Positives ou négatives, matérielles, sociales ou affectives, les récompenses et les punitions peuvent revêtir de nombreuses formes et être réalisées selon des procédés très divers pouvant être en certaines occasions particulièrement préjudiciables au développement intellectuel, social et émotionnel de l'enfant.

Cependant, il existe d'autres manières plus effectives de renforcer des conduites positives ou de faire disparaître des conduites inadéquates: dans cet article seront par conséquent exposées les méthodes pédagogiques alternatives permettant de promouvoir et de développer une éducation positive exempte de récompenses et de punitions. D'autre part, cet article prétendra recueillir les principales précautions et procédés qui devraient être respectés par les parents et les éducateurs, dans le cas où ils décideraient d'opter pour un système éducatif basé partiellement sur les récompenses et punitions.

La Discipline Positive
et le principe des conséquences

La Discipline Positive est une conception éducative présente dans divers courants pédagogiques respectueux de l'enfant, en particulier dans la Pédagogie Montessori. Basée sur la conduite exploratrice de l'enfant comme source d'affirmation de soi et d'autocorrection grâce à l'apprentissage essai-erreur, la Discipline Positive se fonde sur la considération des erreurs comme procédés naturels dans les diverses étapes de la croissance de l'enfant, et en tant qu'opportunités uniques pour celui-ci d'apprendre et de se développer.

Par conséquent, cette vision pédagogique ne concède pas aux récompenses et aux punitions la valeur de renforcement du comportement, et ne les inclue pour autant pas dans son modèle d'intervention, basant au contraire son action éducative sur le principe des conséquences, en tant qu'implications naturelles ou logiques des évènements auxquels se retrouve confronté l'enfant. Ce principe, qui promeut l'autosatisfaction et l'autodiscipline de l'enfant, rend visibles les conséquences d'une action, permettant ainsi à celui-ci de comprendre de manière logique les implications que peut avoir un comportement défini.

  • Les conséquences naturelles
    Il s'agit d'expliquer à l'enfant les conséquences qui dérivent naturellement de son comportement (« Si tu ne manges pas ton petit-déjeuner, tu auras faim à l'école », « Si tu laisses tes feutres ouverts, ils sècheront et tu ne pourras plus les utiliser à nouveau »)
  • Les conséquences logiques
    Il ne s'agit pas d'une punition arbitraire qui prétend rectifier un comportement passé (et généralement peu liée au comportement inadéquat), mais au contraire une technique étroitement liée au comportement que l'on prétend modifier et basée sur le comportement présent et futur de l'enfant (« Si tu mets beaucoup de temps à te mettre en pyjama, nous n'aurons pas le temps de jouer avant d'aller nous coucher », « Si tu ne mets pas ta veste, tu auras froid et nous serons obligés de rentrer à la maison pour ne pas que tu tombes malade »)

Contrairement aux récompenses et aux punitions, la Discipline Positive et le principe des conséquences n'impliquent pas de jugement personnel: ce modèle est au contraire basé sur la logique, la compréhension et le respect mutuel. Il est important de rappeler également qu'avant l'âge de 3 ans, l'enfant se trouve toujours dans le premier niveau d'obéissance défini par Maria Montessori, dans lequel il n'est pas encore totalement maître de ses impulsions et de ses actions: par conséquent, il est parfaitement normal qu'obéissance et désobéissance s'alternent continuellement pendant cette période.

La Discipline Positive constitue donc un juste équilibre éducatif, évitant à la fois l'autoritarisme et le laxisme, et fixant à l'enfant des limites claires basées sur le respect (envers les autres, envers les choses et envers le milieu), à l'intérieur desquelles il peut évoluer en toute liberté et développer sa capacité de réflexion.

Il est nécessaire de mentionner d'autres méthodes pouvant permettre le développement d'une Discipline Positive dans le foyer: d'une part, la création de routines qui sécurisent et aident l'enfant à orienter son comportement. D'autre part, le fait de manifester de la compréhension et de l'indulgence vis à vis des erreurs de l'enfant, en les considérant comme des processus naturels de son développement intellectuel, psychique et émotionnel. Il peut être intéressant également de demander de l'aide à l'enfant pour la résolution des conflits ou pour la modification de ses comportements (« Comment pourrait-on régler cela ? »), ou de lui offrir des choix restreints (comme ranger avant ou après le repas). Finalement, il est essentiel d'adopter une attitude réfléchie face à la présence de comportements indésirables, pour chercher leurs véritables causes et les différents choix d'actions en vue de leur modification.

L'utilisation de récompenses
et de punitions: des précautions nécessaires

Premios y castigos en la etapa infantil
Si l'on décide finalement d'avoir recours aux récompenses et aux punitions dans l'éducation de l'enfant, il est important de suivre et de respecter une série de précautions qui permettront un usage plus adéquat de ces ressources.

a. Récompenses

Il existe différents types de récompenses que l'on peut accorder à l'enfant après une conduite que l'on prétend renforcer: matérielles (jouets, bonbons...), sociales (temps partagé, activités en commun...), ou affectives et émotionnelles (éloges, câlins, démonstrations de joie ou de fierté...) . Du point de vue pédagogique, il est recommandé de manière unanime d'éviter absolument l'usage de renforcements matériaux pour modifier la conduite de l'enfant, ceux-ci étant considérés comme néfastes à son processus de réflexion et d'autonomie. Il est au contraire important de privilégier les renforcements sociaux ou affectifs, en adoptant une attitude d'approbation, de joie et de tendresse face aux comportements positifs dont ferait preuve l'enfant, jusqu'à ce que ceux-ci se transforment en une habitude établie. Une voix douce, un regard et un sourire constitue la meilleure manière de lui transmettre notre assentiment, avec tranquillité et positivisme.

Les récompenses devraient d'autre part être toujours formulées de manière positive: ainsi, il est plus adéquat de dire « Si tu es sage, nous pourrons faire un jeu ensemble » que « Si tu n'es pas sage, nous ne jouerons pas ». De la même manière, il est intéressant de privilégier la temporalité face à la condition, préférant ainsi « Quand tu auras fini ton repas, nous ferons un jeu ensemble » que « Si tu finis ton repas, nous ferons un jeu ensemble ».

Finalement, il est très important que les parents et les éducateurs se centrent sur les bons comportements, en ignorant les conduites inadéquates. Effectivement, l'attention reçue par l'enfant en cas de conduite inappropriée – même sous la forme d'une punition ou de réprimandes – est perçue par celui-ci comme une récompense, le besoin d'attention des enfants pendant la petite enfance étant très important. L'attention accordée dans ces contextes fonctionne par conséquent comme un renforcement du comportement inadéquat, et il est par conséquent indispensable d'éviter d'y porter attention pour permettre sa disparition progressive. En cas de mauvais comportements (en particulier à l'âge de 2 ans avec l'étape du « non » et ses nombreux caprices et crises de colère) et tant que ceux-ci ne représentent pas un danger pour l'enfant, il est alors recommandé d'éviter tout contact avec celui-ci (visuel, tactile ou communicatif) jusqu'à la fin du comportement.

b. Punitions

L'utilisation des punitions comme méthode éducative devrait toujours être évitée, dans la mesure du possible, pour permettre le développement d'une éducation positive. Cette technique éducative provoque effectivement des réactions émotionnelles fortes et négatives chez l'enfant (colère, peur...), ainsi qu'un possible sentiment de rancoeur envers la personne qui l'applique. La punition est de plus considérée comme inutile dans la construction du comportement et de la personnalité de l'enfant.

Cependant, dans le cas où l'on déciderait finalement d'y avoir recours, il est indispensable de suivre une série de précautions qui rendront possible un usage plus adéquat et moins préjudiciable vis à vis du développement de l'enfant:

  • S'assurer que l'enfant connaisse les normes et les limites établies, ainsi que les attitudes considérées comme appropriées dans chaque situation, en lui expliquant clairement les comportements positifs qu'il devrait adopter: il est indispensable que l'enfant soit conscient de la raison pour laquelle on le punit et du comportement que l'on attend de lui dans cette situation concrète
  • Avertir l'enfant des conséquences et des risques de son mauvais comportement
  • Toujours réprimander la conduite et non l'enfant (« Tu t'es mal comporté » et non « Tu es un vilain petit garçon »)
  • Ne jamais menacer de quelque chose que l'on ne sera pas capable de faire (ainsi, si un parent menace son enfant en lui disant qu'il l'emmènera en pyjama à l'école s'il ne s'habille pas, le parent doit être convaincu qu'il l'emmènera ainsi à l'école)
  • Ne pas réprimander l'enfant à propos de choses que les parents ne réalisent pas eux mêmes, pour respecter le principe éducatif de l'exemplarité (ainsi, les parents ne peuvent exiger à l'enfant de ranger ses jouets s'ils font preuve eux-mêmes d'un comportement désordonné. De la même manière, demander à un enfant de ne pas se mettre en colère et ne pas maîtriser son propre comportement ou se disputer en sa présence ne donnera aucun résultat d'un point de vue éducatif).
  • Appliquer de préférence des punitions éducatives (comme le retrait, en éloignant l'enfant pendant un nombre de minutes correspondant à son âge), en évitant les punitions privatives, en particulier avant 3 ans (comme confisquer un jouet)
  • Ne jamais punir l'enfant vis à vis des repas ou du sommeil (en envoyant par exemple l'enfant au lit sans manger ou en lui disant « Si tu continues comme ça, tu vas au lit »): ce sont des habitudes saines et des besoins nécessaires que l'enfant ne devrait pas associer de manière négative à une punition
  • La punition devrait toujours être réfléchie, mesurée, adaptée à l'âge de l'enfant et à la situation, d'application immédiate après la conduite inadéquate (pour permettre l'association entre la conduite inadéquate et la punition, en particulier pendant les premières années de vie)
  • La punition ne doit pas répondre à une action impulsive ou à une situation émotionnelle propre aux parents ou aux éducateurs, mais à une réflexion approfondie et à une décision éducative postérieure claire de leur part
  • Les punitions et les réprimandes ne devraient pas être réalisés toujours par la même personne, pour éviter la construction d'une relation négative ou stricte avec l'un des deux parents
  • L'accord entre les parents est indispensable, pour éviter de désorienter à l'enfant avec des attitudes contradictoires ou changeantes
  • Les réprimandes doivent être réalisées de manière cohérentes; une humeur positive ou négative ne devant jamais provoquer une plus grande indulgence ou sévérité de la part des éducateurs ou des parents: l'attitude adoptée face à une même conduite doit être stable et systématique
  • La punition ne doit jamais être humillante envers l'enfant ni vengeresse, ni impliquer un quelconque dommage physique ou émotionnel
  • La punition ne doit jamais faire penser à l'enfant qu'il pourrait perdre l'amour de ses parents ou le faire se sentir rejeté par ceux-ci
  • Dans les premières années de vie, les enfants sont très réceptifs au ton de la voix avec lequel on s'adresse à eux: on peut donc employer un ton ferme mais jamais lever la voix, puisque les cris et les menaces peuvent avoir des répercutions négatives sur le développement du système nerveux central de l'enfant (en particulier sur les structures cérébrales responsables de la régulation des émotions)

Fanny Auriau

Bibliographie:

  • CASTRO POSADA. J. (2001). Del castigo a la disciplina positiva : más allá de la violencia en la educación. Salamanca: Amarú
  • MONTESSORI, M. (1939). Manual práctico del método Montessori. Barcelona: Araluce
  • MONTESSORI, M. (1968). El niño: el secreto de la infancia. Barcelona: Araluce
  • Manuels d'éducation de la Petite Enfance

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